MICHAËLLE
SERGILE


UNTITLED (GINGERBREAD)
2026
Tissages au jacquard à deux navettes, fils de coton, supports en bois de cerisier.
Dans le cadre de l’exposition Et puis parfois, un souvenir, consacrée au deuil et aux formes de mémoire liées au pays d’origine, cette œuvre s’inscrit dans une réflexion sur les récits migratoires et les archives intimes. L’exposition s’appuie sur les témoignages et les photographies de trois femmes haïtiennes, retraçant leurs vies en Haïti et leurs trajectoires de migration.
Cette œuvre s’intéresse plus particulièrement aux « gingerbreads », ces maisons emblématiques de l’architecture haïtienne. Introduites durant la période coloniale, elles ont été réappropriées au fil du temps pour devenir des symboles importants du patrimoine national après l’indépendance. À travers cette référence architecturale, l’artiste interroge les enjeux de préservation dans un contexte où ce patrimoine est aujourd’hui menacé.
La journaliste Michèle Montas, protagoniste de l’exposition, a vécu dans l’une de ces maisons. Les violences actuelles en Haïti, marquées notamment par l’incendie de bâtiments historiques, rendent leur conservation de plus en plus fragile. L’œuvre se présente ainsi comme un geste de mémoire et d’hommage envers ces édifices.
À partir des photographies transmises par Michèle Montas, l’artiste reconstitue partiellement la structure de la maison, en mettant en évidence son ossature. L’installation intègre également deux tissages inspirés d’images provenant d’une autre participante à l’exposition ainsi que d’un membre de sa famille. Ces tissages, composés de « silhouettes noires », participent d’une démarche amorcée depuis plusieurs années, visant à créer des figures ouvertes dans lesquelles les récits individuels peuvent devenir collectifs.

L'artiste tient à remercier le Conseil des arts et des lettres du Québec pour son support à la production de cette oeuvre. Elle remercie Michèle Montas, Marie-Célie Agnant, Wilnie Brézault, Gregory Prescott et Natacha Chamko.
